Biographie

Montse|PEINDRE, UNE FORME DE VIE, par Montse Valdés.
Avoir un don , c ‘est important , mais cela peut ne servir a rien si ce n ‘est accompagné par la libre pensée , l ‘exigence , le courage , la passion et la ferme volonté d’arriver a ses fins.
Durant les premiers vingt ans de mon évolution artistique, j ‘ai essayé avec passion d ‘obtenir « le tableau » , chaque oeuvre que je commençais était avec grand espoir destiné a l ‘être. … jusqu’a la moitié de la réalisation , quand je commençais a m ‘éloigner de ce que je voulais . Malgré tout , je n’avais pas le temps de perdre courage , car je commençais de suite un autre travail avec la même envie et enthousiasme. Durant douze heures par jour , tous les jours de l ‘année , et ce pendant vingt ans , il n ‘y eut place pour autre chose que la peinture.
Les premiers dix ans je me préoccupais plus pour la technique . Rien n ‘était plus important pour moi que de suivre le procédé du tableau en cours .
Durant l ‘époque pendant laquelle j ‘assistais au cours des beaux-arts de Paris, le fait d’avoir a parler avec d’autres personnes me dérangeait. Je ne m ‘intéressais qu ‘a l’espace de l ‘atelier , l ‘ambiance , les modèles , et quelques conférences.
Le plus important étant peindre, et peindre , sortir ce que je ressentais en moi, et toujours avec modèles au naturel. Quand je commençais un travail ,je ne tolérais aucune influence extérieure , car je sentais que ce que je créais était merveilleux.
D’un autre côté , en terminant le travail , je sentais qu ‘il était en train de m ‘échapper.
Pendant cette période je ne vivais presque exclusivement que de portraits , que je réalisais pendant les trois mois d ‘été a Marbella (Espagne), Algarve (Portugal), Santorini(Grèce) , et sur la côte d’azur Française. De cette époque je retiens surtout les visages qui se prêtaient , calmes ,immobiles devant moi , et tout une masse de spectateurs , qui en silence et avec les yeux grands ouverts , regardaient la rapide exécution du portrait , et comment sur le papier apparaissait le visage et l ‘âme du modèle. Ces étés , près de la mer , entourée de personnes de tous les pays, étaient pour moi une manière intéressante et fascinante de m ‘autofinancer , et pouvoir ainsi travailler toute l’année , totalement introvertie dans ma recherche et mon procédé artistique.
Après un de mes voyages en Grèce , plutôt que de retourner en Espagne , je pris la route de la Thaïlande et de l’ Inde, restant pratiquement un an entre ces deux pays. Ce voyage donna une profonde spiritualité a ma vie personnelle et artistique.
Les dix ans qui suivirent , après mon retour a Barcelone , je me suis concentrée sur un objectif , m’exprimer de la manière la plus authentique. Je me souviens m’arrêter a midi pour aller déjeuner au restaurant végétarien, près de mon logement-atelier de Las Ramblas, ou je me retrouvais avec des personnes , et parler de peinture bien sur. Ensuite je remontais rapidement , pour continuer a peindre. A ce moment je ne me préoccupais pas de la technique , j ‘essayais de percevoir l ‘intérieur des personnes , pour ensuite essayer de le reproduire sur mes tableaux.
De cette manière j ‘avais l ‘opportunité de rencontrer des personnes qui m ‘inspiraient pour peindre , je leur proposais souvent de me servir de modèle.
-La recherche « du tableau » continuait de m ‘obséder. Ensuite , il y a de ça treize ans , tous mes efforts commencèrent a donner leur fruit, peu a peu mais de certainement, l ‘esprit de mon oeuvre apparaissait avec de plus en plus de présence. Quelque chose changea , et mon travail artistique s ‘ajusta , se centra. Les tableaux que je peignais me plaisaient , ils étaient en accord avec ce que je désirais . Certains ont même dépassé mes espérances. Je me surprenais moi même, comment avais je pu peindre ça..? a ce moment je ne cherchais plus , je trouvais.
J ‘en suis maintenant a trente-trois ans de ce chemin artistique . Quel âge fantastique!
Mon oeuvre possède son propre processus , qui est également le mien , bien que quelques fois je la voie comme une entité a part. Cela ce produit quand je réussis a me libérer de toute contrainte et m ‘adonne totalement a mon oeuvre. Je me fais le plus petit possible jusqu ‘a disparaître : l’oeuvre se manifeste et se crée elle-même.
Je ne suis alors qu’un instrument pour la création , comme avant le fût le pinceau pour moi. Quelquefois je regarde un de mes tableaux, et je sens que ce tableau voulait exister , qu ‘il devait exister , peut-être existait-il déjà , il n ‘a fait que se concrétiser .
Cette tâche n ‘est pas facile , et peut s ‘échapper a n ‘importe quel moment, en fait , elle s ‘échappe souvent : de trop interférer , l ‘inspiration ou la création disparaît , me laissant seul avec ma technique , alors ce tableau se meurt..
Comme s ‘exprime Toni Facundo dans ses poèmes , se dédier a une expression artistique quelle qu ‘elle soit , n ‘est pas seulement un exercice artistique , c ‘est une manière de vivre … une forme de vie. C ‘est se révéler devant les injustices , les abus de tous puissants. C ‘est la fièvre qui trahit la maladie de la société , la conscience des déshérités . les gémissements désespérés des âmes sensibles.

TallerMontse pintant